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  • usinevegetale

Pigeon du 9 avril 2019 - Régis Lefort



le poème s’en allant s’écoulant brûlant sa terre trajectoire que prolonge indomptable la langue où le corps emporte avec la verticalité une lumière sans mots ses particules sa poussière comme insectes se débattant à l’injonction dernière espérant la cime et de l’élément l’étendue la brûlure le feu pour atteindre à la voix Le poème s'en allant, extrait de "Louve", paru en 2015 ---- Pour Regis Lefort, lorsqu’un poème vient, il vient des profondeurs. il s'en suit un travail de sa part, afin d'amener ce poème à son équilibre. C'est à dire un état qui lui semble stable et fluide, tant au niveau de la musicalité que de la syntaxe. D’une, c'est d'abord une écriture directe, corporelle. Régis Lefort ressent ses poèmes dans leur intégralité, pour lui ils viennent d'un mouvement oscillatoire et d'une porosité. Il s'agit d'une expérience du corps qui a pris le pas sur la volonté, à une période où son corps vivat des difficultés. "D’une" pourrait être identifiée comme la langue du poème et ce titre, "D’une", signifierait alors « au sujet d’une certaine langue ». Toutefois, dans ce nouveau livre, la femme de "Louve" - son précédent recueil - a fait sa réapparition. Ce n’était pas prévu au début. D'une, d’abord orthographié Dune, par assimilation des grains de sable aux mots, donc à une matière malléable qui peut engloutir (sable de la dune ou poème), est devenue la langue du poème, puis la femme, puis tout à la fois le sable, les mots, la langue, la femme. Au début il voulait rendre compte de la nécessaire porosité du corps pour écrire un poème, du corps qui entre en résonance avec le monde pour mieux le dire. Le corps évoqué se métamorphosait alors en dune et sable. Mais au fur et à mesure que l’ensemble s’écrivait, il est apparu que la dune nommait ou parlait « de une » (d’une) résurgence de l’inconscient. Dans ce mouvement de jaillissement (ré)apparaissait la femme à robe rouge. Et tout revenait alors à la langue du poème car rien n’existe hors de la langue. Regis Lefort est poète, et réside dans le sud-est. Son approche très graphique de l'écriture se mêle parfaitement aux œuvres de Clément Garnung, avec qui une collaboration pourrait voir le jour, mais attention, ça reste entre nous.